Hailé Sélassié Ier [Roi des Rois d'Éthiopie]

Hailé Sélassié Ier [Roi des Rois d'Éthiopie]

Titre complet : Son Impériale Majesté Haile Selassie I, Roi des Rois d'Ethiopie, Seigneur des Seigneurs, Lion conquérant de la Tribu de Judah, Lumière du Monde, élu de Dieu


Ras Täfäri Mäkwännen (Ras Teferi Mekonnen.ogg), plus tard couronné sous le nom de Hailé Sélassié Ier, (Haile Selassie.ogg) fut le dernier Negusse Negest d'Abyssinie de 1930 à 1936 et de 1941 à 1974. Il est né le 23 juillet 1892 à Ejersa Goro en Abyssinie et mort le 27 août 1975 à Addis Abeba). Il est considéré par la plupart des Rastas comme étant le « dirigeant légitime de la Terre » (Earth's rightful ruler) et de surcroît le Messie, en raison de son ascendance qui, selon la tradition chrétienne orthodoxe éthiopienne, remonterait jusqu'aux rois Salomon et David.

De l'enfance au règne

Hailé Sélassié est né dans un petit village de la province du Harar, Ejersa Goro en Éthiopie, sous le nom de Täfäri Mäkonnen (Ge'ez). Täfäri signifie littéralement "celui qui est craint" et Mäkwännen, simplifié en Mäkonnen, est le prénom de son père qui signifie "grand, noble". Il garda ce nom jusqu'au 3 avril 1930, date de son accession au trône d'Éthiopie comme Roi des Rois.
Son père est Ras Makonnen, gouverneur de Harar et sa mère est Woyzero (wäyzäro, madame) Yäshimabät Ali. Il n'a pas connu sa mère, morte du choléra le 14 mars 1894. Son père, grand artisan de la victoire d'Adwa contre les Italiens (1er mars 1896), mourut le 21 mars 1906, laissant Tafari aux bons soins de l'empereur Ménélik II (Dägmawi Ménilek ).
En juillet 1911, il épousa Woyzäro Menen Asfaw, fille de Jantirar Asfaw d'Ambassel et petite-fille maternelle du roi Mikaél du Wollo (Wällo). L'empereur Hailé Sélassié et l'impératrice Menen eurent six enfants : princesse Tenagnework, prince couronné Asfaw Wossen, princesse Tsehay, princesse Zenebeworq, prince Makonnen duc de Harrar, et prince Sahle Sélassié. Hailé Sélassié avait également une fille d'un ancien mariage, la princesse Romaneworq.

L'accession au pouvoir

Le 27 septembre 1916, une assemblée de nobles avec l'accord de l'Église orthodoxe d'Éthiopie déposa l'empereur Lij Yassou (Yassou V), petit-fils et héritier de l'empereur Ménélik II, pour suspicion de conversion à l'Islam. La fille de Ménélik, Zaoditou (Zäwditu) fut alors proclamée impératrice d'Éthiopie et son cousin le Ras (duc) Tafari, Prince héritier (alga-wärash) et Régent de la couronne (endärassié). En tant que Ras Tafari (celui qui est redouté en amharique), il exerça la réalité du pouvoir sous le règne de sa cousine l'impératrice Zaoditou puis comme roi (négus) de 1928 (7 octobre) jusqu'en 1930. À la mort de Zaoditou le 2 avril 1930, il prit le titre d'empereur. Il fut couronné le 2 novembre 1930 sous le nom de « Hailé Sélassié Ier (pouvoir de la Trinité), Roi des Rois d'Ethiopie, Seigneur des Seigneurs, Lion conquérant de la tribu de Juda, Lumière du Monde, élu de Dieu » : Gärmawi Qädamawi Haylä Sellassé, negusä nägäst zä'Ityopya, moa anbessa zä'emnägädä yehuda, berhanä aläm, seyumä Egziabhér (en amharique).
Hailé Sélassié développa la politique de modernisation progressive lancée par l'empereur Ménélik II, permettant ainsi l'admission de l'Éthiopie dans la Société des Nations en 1923 et décrétant la première constitution du pays en 1931. Il supprima également une pratique très ancienne, l'esclavage, dans l'Empire par des décrets pris en 1918 et 1923.


La Seconde guerre italo-éthiopienne et le retour d'exil

L'échec de la SDN pour stopper la seconde guerre entre l'Italie et l'Éthiopie avec l'invasion italienne de 1935 le força à cinq ans d'exil, pendant lesquels il vécut à Bath en Angleterre (5 mai 1936-5 mai 1941). Grâce à une reconquête rapide du pays avec l'aide des Britanniques et des Français (emmenés par le commandant Monnier), Hailé Sélassié recouvra une totale souveraineté sur l'Empire et reprit sa politique de modernisation et de développement.

Un meneur africain

Haïlé Sélassié Ier, le 1er octobre 1963 à Washington.
Entretenant une bonne entente avec le président américain Franklin Roosevelt et également avec les autres Alliés, l'Empereur obtient l'entrée de l'Éthiopie dans l'ONU dès sa fondation. Adoptant une position de non-aligné pendant la période de Guerre froide, par sa participation à la conférence de Bandung, Sélassié ½uvra également à l'indépendance du continent africain et à son unification. L'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) fut fondée en 1963 à son instigation et établit son siège à Addis Abeba.


Modernisation et crise

À la suite d'une tentative de coup d'État en décembre 1960, à laquelle fut mêlée le prince héritier Asfaw Wossen, il poursuivit une politique plus conservatrice, alignant l'Éthiopie avec l'Occident contre les gouvernements africains plus radicaux. Des mécontentements croissants parmi les étudiants et une partie des élites entraînèrent son renversement le 12 septembre 1974, conséquence d'un coup d'État militaire mené par un groupe de militaires, parmi lesquels Mengistu Hailé Maryam. Les médias relayèrent la nouvelle de sa mort en prison le 27 août 1975, suite à une opération de la prostate, mais une mort par strangulation ou par étouffement est bien plus vraisemblable. Sa dépouille fut conduite à sa dernière demeure, la cathédrale orthodoxe de la Trinité à Addis-Abeba du dictateur Mengistu qui fut défait en 1991. Le défunt empereur, dont on retrouva les restes en 1992, reçut des funérailles populaires le 5 novembre 2000 en la cathédrale de la Trinité d'Addis Abeba.

Rastafari

Parmi les adeptes du mouvement Rastafari, un mouvement spirituel qui s'est développé dans les années 1930 en Jamaïque sous l'influence du mouvement « Back to Africa » (Retour vers l'Afrique) de Marcus Garvey et des prêches de Leonard Percival Howell, Hailé Sélassié est considéré comme un messie noir qui mènera la diaspora et les peuples africains vers la liberté. Beaucoup de Rastas pensent que Sélassié est encore vivant et que la mise en scène médiatique de sa mort fait partie d'un complot visant à discréditer leur spiritualité. D'autres affirment que Jah, c'est-à-dire Dieu, est toujours vivant, quand bien même la présence terrestre de Sélassié ne serait plus visible.
Un discours prononcé par Hailé Sélassié aux Nations unies en 1963 est devenu une des chansons cultes de Bob Marley : War, sur l'album Rastaman Vibration. L'empereur parlait essentiellement de paix et d'espoir, de douleur également mais toujours de non-violence. Hailé Sélassié, chrétien pratiquant, a relativisé les croyances du Rastafari le proclamant comme messie. Une visite d'État en Jamaïque en 1966, où Sélassié fut salué par une foule très nombreuse dès son arrivée à l'aéroport, marqua profondément le monarque. Après sa visite, l'Empereur confia à un clerc éthiopien, l'Abuna Yesehaq : « Il y a un problème en Jamaïque... Veuillez aider ces personnes. Ils comprennent mal, ils ne comprennent pas notre culture... Ils ont besoin d'une Église établie et vous êtes désigné pour y aller ». L'Église éthiopienne orthodoxe s'installa alors en Jamaïque pour convertir les rastas au christianisme tewahedo.

Bibliographie

*Gontran de Juniac, Le dernier Roi des Rois. L'Éthiopie de Haïlé Sélassié, Paris, L'Harmattan, 1994 (1re éd. Plon, 1979)
*Denis Gérard, Ras Tafari. Haïlé Sélassié, Apt/Barcelone, L'Archange Minotaure, 2006,
*Le Negus de Ryszard Kapuscinski, flammarion, traduction française 1984,

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# Posté le mercredi 20 mai 2009 08:27

Concert reggae LUCIANO

Concert reggae LUCIANO
LUCIANO
" Yes We can World Tour" The Messenher inna live performance !
a la discotèque LE RAMIER
TOULOUSE
le 19 05 2009
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# Posté le vendredi 15 mai 2009 04:56

MOUVEMENT RASTAFARI

MOUVEMENT RASTAFARI
Le mouvement rastafari est un mouvement religieux dont le nom provient de l'amharique "Ras Tafari"; de "ras", tête (mais ici « leader, seigneur »), et Tafari, « Celui qui sera Craint ». Tafari est le prénom de naissance donné à Hailé Sélassié Ier, (de Haile, « puissance » et Selassie, « trinité », en amharique) empereur d'Éthiopie de 1930 à 1974.
Il est ainsi considéré comme un personnage sacré du fait de son ascendance qui remonterait aux rois bibliques Salomon et David selon la tradition éthiopienne, mais également par la signification de son nom de naissance, comme de celui choisi par les prêtres de l'église orthodoxe éthiopienne pour son sacrement. Le choix et la signification des noms ont en effet une importance primordiale dans la culture africaine.
Le mouvement rastafari est assimilé par certains à une religion, par d'autres à une philosophie, voire à une
idéologie ou un syncrétisme pour ses emprunts à la Bible. Les rastas, eux, le conçoivent comme un mode de vie, une façon de concevoir le monde et tout ce qui le constitue depuis sa création. Les croyants de ce mouvement sont des rastafariens, souvent appelés par le diminutif « rastas ».
L'usage du terme rastafarisme, bien que correct n'est pas accepté par les rastas car ils sont contre la classification de personnes et prônent l'unification des peuples. L'usage de la majuscule sur le terme "Rastafari" est préférable pour eux.
Pour d'autres, le rastafarisme tirerait sa véritable origine du shivaïsme. Le shivaism fait partie de l'hindouisme. Shiva, divinité primordiale dans l'Hindouisme, garde de longs cheveux en dreads et consomme beaucoup de ganja. Il est toujours plongé en méditation sur son créateur, le dieu Krishna.


Les racines du mouvement
La religion chrétienne est extrêmement présente en Jamaïque (plus de 80% de la population), notamment avec les églises anglicane, méthodiste, baptiste, catholique romaine, l'Église de Dieu et, depuis les années 1970, l'Église éthiopienne orthodoxe.
L'évangile (gospel) est chanté avec ferveur le dimanche dans toute l'île. Face à l'émancipation de la mentalité esclavagiste, puis du colonialisme, se sont créés, au début du xxe siècle, différents mouvements « éthiopianistes » où l'interprétation occidentale de la Bible est parfois remise en cause.
Les traditions des cultes africains interdits par les maîtres ayant survécu sous forme d'Obeah (sorte de vaudou local illégal et redouté), du Kumina, et mélangées à la Bible, de la Pocomania ou Pukumina.


les fondements du mouvement moderne
Lorsque le Jamaïcain Marcus Garvey émigre à Harlem, où il devient un des premiers meneurs importants de la cause noire, il fait souvent allusion à l'Éthiopie dans ses discours. Il écrit ainsi dans son principal ouvrage Philosophy & Opinions :« Laissons le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob exister pour la race qui croit au Dieu d'Isaac et de Jacob. Nous, les Noirs, croyons au Dieu d'Éthiopie, le Dieu éternel, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, le Dieu de tous les âges.C'est le Dieu auquel nous croyons, et nous l'adorerons à travers les lunettes de l'Éthiopie. »
Marcus Garvey est pour beaucoup le premier prophète noir du mouvement rastafarien. Il annonce la fin des souffrances du peuple noir et son retour aux racines : l'Afrique.
En 1924, le révérend James Morris Webb prononce un discours cité par le quotidien conservateur Daily Gleaner : « Regardez vers l'Afrique, où un roi noir sera couronné, qui mènera le peuple noir à sa délivrance ».
La presse coloniale dénonce alors cette doctrine éthiopianiste « vulgaire » qu'ils attribuent à Garvey. Mais le 2 novembre 1930, en Éthiopie, Tafari Makonnen, le Ras Tafari, est coiffé de la couronne sacrée du negusä nägäst (roi des rois) sous le nom de Haïlé Sélassié Ier (« Puissance de la Trinité »). Il est le chef d'une des premières nations officiellement chrétiennes de l'histoire, l'Abyssinie. Selon le livre sacré Gloire des Rois (Kebra Nagast), retraçant l'histoire de son antique dynastie, Sélassié serait le descendant direct du Roi Salomon et de la Reine Makeda de Saba.

Des représentants prestigieux des pays occidentaux assistent au sacre très médiatisé de Sélassié, qui est perçu par une communauté d'agriculteurs éthiopianistes de Sligoville (Jamaïque), le Pinacle, dirigé par Leonard Percival Howell (véritable fondateur du mouvement Rastafari), comme étant l'accomplissement de la prophétie attribuée à Garvey.
En effet, le « Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs » (1° Timothée 6:15) de la Bible ressemble beaucoup aux titres traditionnels millénaires de Sa Majesté Impériale Haïlé Sélassié Ier : « Empereur d'Éthiopie, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, Lion Conquérant de la Tribu de Juda, élu de Dieu, Lumière de l'Univers ». Puisant à la fois dans le marxisme, le christianisme, la culture africaine et plus tard l'hindouisme, Howell considère Sélassié (ou « Jah », de Jéhovah) comme le messie et propose dès lors une interprétation afrocentriste de la Bible.
Cultivant le chanvre, considéré comme un sacrement (fumé dans les chalices) et le diffusant dans l'île, il est arrêté pour sédition en 1933, puis il est interné à l'asile à plusieurs reprises, alors que le Pinacle est détruit maintes fois par la police. Différents mouvements éthiopianistes de libération, comme le mouvement Bobo de Prince Emmanuel, se développent parallèlement en Jamaïque. Ils prennent pourtant peu à peu un nom générique, Rastafari, et visent, en partie, à restituer à l'homme noir le rôle important qu'il a joué dans la civilisation, à commencer par la Bible, où les ancêtres Juifs de Sélassié seraient naturellement, comme lui, Noirs : Moïse, Jésus, etc.
Progressivement, et selon le v½u de Jésus et des Naziréens (Nombres 6-5), beaucoup de Rastafariens ne se coupent ni la barbe ni les cheveux, (lien) une coiffure souvent comparée à la crinière du Lion de Juda sacré. Des « locks » (n½uds, boucles) ou « dread (épouvante) locks » se forment ensuite naturellement dans leurs cheveux crépus.
Ce signe de reconnaissance deviendra une mode internationale à partir de 1976. Proches de la terre, généralement les Rastas ne boivent pas d'alcool, le vin étant proscrit (Nombres 6-3), ne touchent pas aux morts (beaucoup de Rastas ne font même jamais allusion à la mort, mais au contraire « chantent la vie »), sauf ceux de leur proche famille (Lévitique 21-1), et le corps humain est considéré comme l'église (Corinthiens 3-16, 17), rejetant ainsi le principe même des temples ou des églises.
Désireux de se maintenir en bonne santé, ils suivent en principe un régime spécial qu'ils appellent "I-tal" (vital) (Génèse 1:29 et 9:4), qui se compose de riz, de fruits, de racines, de graines et de légumes. Ce régime exclut toute nourriture non biologique.
Quant au nom "Rasta", il provient de celui, divin, de Sélassié : le Ras (tête, correspond étymologiquement et protocolairement à son titre de duc) Tafari (son prénom). Leurs couleurs sont celles de l'Éthiopie impériale (rouge, or et vert, couleurs de l'Afrique frappées du Lion de Juda).
Dès lors, les Rastas, incompris, blasphématoires, fumeurs de chanvre (la ganja, « l'herbe de la sagesse » qui aurait poussé sur la tombe de Salomon) deviennent des parias maltraités. En 1954, le Pinacle est rasé, et ils s'installent à Kingston, à Back-o-Wall. Le nom de ce ghetto provient de sa situation géographique : il est attenant au mur d'un cimetière, et nombre de Jamaïcains craignent de s'y installer par peur des « duppy » (fantômes).


Haïlé Sélassié 1er
Suite à la prophétie annonçant le couronnement d'un roi en Afrique, l'avènement au pouvoir du monarque Haïlé Sélassié, sous le titre biblique de « Roi des rois, Seigneur des seigneurs, Lion conquérant de la tribu de Juda, Lumière du Monde » est apparu pour les rastas comme la révélation d'un envoyé de Jah, qui les mènerait à la libération de leurs souffrances. Ainsi, il est communément affirmé qu'Haïlé Sélassié, à l'image de Jésus, est Jah incarné, Homme et Dieu.
Cette croyance est très importante dans la philosophie rasta, bien que souvent difficilement acceptée, y compris parmi les gens proches du mouvement. Ainsi l'artiste-producteur Yabby You, bien que très mystique, a-t-il toujours refusé cette divinité. La légende raconte qu'il tire son surnom de Jesus Dread du fait qu'il demandait aux chanteurs travaillant pour lui de mentioner Jésus au lieu de Selassié dans leur paroles...
Haïlé Sélassié lui-même n'a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne, bien qu'il ait montré sa
reconnaissance envers les rasta en effectuant des donations de terre en Éthiopie, puis en effectuant un voyage mémorable en Jamaïque en 1966. Cette terre se nomme Shashamane : Haile Sélassié offre cette terre dans les années 50 à tous les membres de la diaspora noire qui désireront rentrer en Afrique par le biais de l'Ethiopian World Federation (EWF) dont il est le fondateur. Ce fut un acte pour remercier les Noirs américains et caribéens présents lors de son couronnement à Addis-Abeba et qui essayèrent de sensibiliser l'opinion au sort de l'Éthiopie après l'invasion des troupes italiennes dans le pays. Ce terrain serait ainsi devenu pour certains Rastas le symbole du rapatriement en Afrique.
Ainsi, aux dignitaires rastas rencontrés lors de sa visite en Jamaïque, répondant au désir de ceux-ci de retourner en Afrique, a-t-il fait la proposition suivante : « Ne rentrez en Afrique que lorsque vous aurez libéré tous les Jamaïcains oppressés dans leur pays. »
Enfin, la vie et la mort d'Haïlé Sélassié possèdent une dimension symbolique forte, en particulier dans sa mort et les péripéties qui ont suivi. Pour les rastas, Hailé Sélassié n'a pas disparu (Jah Live de Bob Marley).

la visite d'Haïlé Sélassié
Haïlé Sélassié fait une visite officielle en Jamaïque en avril 1966.
A son arrivée, des milliers de Rastas lui réservent, à sa surprise, un impressionnant accueil. Le mouvement prendra par la suite encore plus d'ampleur, bien que Sélassié, bienveillant avec les Rastas, ne prétende lui-même jamais être le dieu vivant.
Cette visite a eu une forte répercussion sur l'importance et la popularité du mouvement Rasta. En effet, les autorités n'ont pas été en mesure de sécuriser la foule lors de l'arrivée de l'avion officiel sur le sol Jamaïcain. Celle-ci était tellement importante et excitée à l'idée de voir enfin le Roi des Rois, qu'il a fallu chercher un médiateur pour la canaliser. Celui-ci sera incarné par Mortimer Planno, très connu à l'époque pour ses enseignements Rasta, qui toucheront beaucoup Bob Marley entre autres. Ainsi, Mortimer Planno sera dorénavant présent à chaque sortie publique d'Haïlé Sélassié durant ce voyage.

Il va sans dire qu'une telle chose n'était absolument pas prévue par le protocole, et a consisté en une manifestation importante de la présence des Rastas.
D'autre part, cette visite a été pour beaucoup de Jamaïcains l'occasion de se confronter aux différentes croyances véhiculées par le mouvement, et de s'en faire sa propre idée. Ainsi, lors de cette visite, Rita Marley, en observant la main d'Haïlé Sélassié, est persuadée d'y avoir vu les stigmates du Christ. Bob Marley devint rasta cette même année 1966. De retour en Éthiopie Haïlé Sélassié Ier s'adresse à ses confidents en ces termes : « Il y a un gros problème en Jamaïque...» En effet le roi d'Éthiopie n'a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne. Ce qui est interprété par de nombreux rastas (et avec cet humour qui leur est propre) comme la manifestation d'une dignité toute divine. À l'occasion de ce voyage Selassié s'assit autour d'une table avec 32 rastas représentant chacun une communauté. La discussion est centrée sur le thème du retour en Afrique. Sélassié leur offrira à cette occasion une terre éthiopienne, shashamany, jusqu'alors réservé aux Falashas (juifs éthiopiens). Mais seuls quelques rastas (principalement de la communauté des Twelwes Tribes Of Israël) reviendront aux pays de leurs ancêtres.

Propagation du mouvement après la fin des années 1960
Back-o-Wall est rasé le 12 juillet 1966 avec violence. De plus en plus de musiciens de rocksteady puis de reggae, jusque-là généralement proches de la soul américaine et des églises, transmettent le message rebelle rasta avec leurs chansons.
Le style des trois tambours nyahbinghi joué lors des cérémonies rastas (grounations) se répand (Bob Marley en tirera une chanson, Selassie Is The Chapel). À partir de 1970, un courant rasta majoritaire traverse le reggae. Bob Marley fait découvrir au monde cette culture qui met en valeur l'histoire d'Afrique, méconnue malgré son extraordinaire richesse. Les Rastas commencent alors à obtenir le respect dans leur pays malgré une répression utilisant la prohibition de la détention de chanvre, punie de bagne malgré une pratique répandue dans toute la population de l'île.

D'autre part, l'industrie musicale s'ouvre enfin au message Rasta dans la production de chansons Conscious aux paroles ouvertes au message des Rastas. Ainsi, jusqu'alors méprisé par les producteurs et distributeurs de l'île, le message Rasta commence, après qu'un certain nombre de rastas, dont certains expulsés de Back-o-Wall se soient installés dans les ghettos de Kingston, comme Trenchtown, et après la visite d'Haïlé Sélassié, à se faire sentir auprès de la population déshéritée de l'île.
Alors qu'auparavant, les producteurs, à l'instar de Duke Reid, les refusaient catégoriquement, certains, comme Clement Seymour Dodd, dit Coxsone, ouvrent leur production aux compositions comportant un message spirituel et engagé, contrairement aux chansons d'amour qui prévalaient durant l'époque du rocksteady. Son studio, Studio One se met alors à produire des groupes et artistes aux paroles inspirées du message Rasta, comme The Gladiators, The Abyssinians, ou encore Dennis Brown et bien d'autres encore. Le fait que Coxsone ait été un des seuls à tolérer la consommation de chanvre dans son studio n'est certainement pas étranger à la présence à Studio One de ces groupes initiateurs du reggae roots.


Évolutions récentes

Si les Rastas perdent de l'influence chez les jeunes Jamaïcains après la disparition de Marley en 1981, ils restent très présents et font un retour massif, unanime, dans le reggae à partir de 1994 avec Garnett Silk, Buju Banton, Tony Rebel, Mutabaruka, Sizzla, etc. De nombreuses et différentes tendances rasta cohabitent en Jamaïque et sont parfois contradictoires. Les Bobo Ashanti, les Emmanuelites, les Ites, notamment, ainsi que des courants chrétiens plus traditionnels.
Les positions des individus se réclamant rastas vont du racisme le plus primaire issu de la lutte contre l'esclavage et le colonialisme, ou d'un ethnocentrisme noiriste militant, garveyiste à outrance, parfois teinté de racisme, jusqu'à une philosophie universaliste profonde, où la recherche de sa propre identité, de son acceptation, de la tolérance et de la nature humaine rejoint les philosophies et ascèses orientales.
L'organisation des Douze Tribus d'Israël tente de fédérer les Rastafariens, mais sans réel succès. En 1997, un parti d'obédience Rasta cherche même à se présenter aux élections.

Pacifiques mais fiers, affichant généralement une certaine arrogance, les Rastas dénoncent la société païenne (les personnes sans conscience de l'aspect sprirituel de la vie et de la nature en général), Babylone, et répandent leur culture dans le monde entier.
La foi rasta permet avant tout à beaucoup de Jamaïcains pauvres de retrouver une dignité et un sens à leur vie difficile, en restant détachés de l'identité coloniale et ancrés dans leurs racines africaines. L'idée universelle de base étant d'« être soi-même » et de « se connaître ».
La culture et les préceptes Rasta tendent à se cristalliser en une nouvelle religion organisée, qui serait ainsi la plus importante née au vingtième siècle. Pour de nombreux Rastas, cette tendance est une dérive.


Croyances et culture rasta
La culture rasta est un tout formé par l'agrégation d'un certain nombre de croyances, de coutumes et de traditions. Il est ainsi vain de proposer une caractérisation exhaustive et universelle de la culture rasta. Celle-ci est au contraire basée sur la différence et se revendique comme une unité dans la diversité.
Cependant, il existe des points de repères caractérisant les croyances rasta, principalement le port des dread locks, la consommation de ganja, et les habitudes alimentaires, bien que ces caractéristiques ne soient pas adoptées par tous. Contrairement aux idées reçues, le Reggae n'est pas en soi une marque caractéristique des croyances rasta, mais bien un vecteur servant le message, selon le concept ancestral très courant dans ces cultures : la transmission orale. Le genre musical le plus proche des rastas est plutôt le Nyabinghi. Enfin, une grande partie de la culture rasta est directement inspirée de la Bible, comme le concept de Babylone.


L'influence biblique

Les rastas respectent la version de la bible acceptée par les protestants (King James Bible), mais remettent en question certains passages, considérant que celle ci a été réécrite à l'avantage des blancs. Ils utilisent donc la Holy Piby, version de la bible réécrite au début du XXe siècle par Robert Aathlyi Rogers, dont le but est de prouver que le Christ ainsi que l'ensemble des enfants d'Israël sont noirs.
Les fondements de la culture rasta se trouvent dans la Bible. En effet, rasta est une spiritualité revendiquant son attache aux fondements de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Les rastas se reconnaissent dans la Bible et s'en inspirent constamment. Ainsi, la coutume veut que la première occupation d'un rasta au lever soit la lecture d'un chapitre de la Bible, selon l'adage : « A chapter a day keeps the devil away », soit : un chapitre par jour tient le diable éloigné.

Certains passages de la Bible sont très importants dans les croyances rasta. Ainsi, le deuxième exode à Babylone, et la première destruction du temple de Jérusalem est pour les rastas l'incarnation de leur exil d'Afrique, esclaves des Babyloniens modernes que furent les colons britanniques. Ainsi s'explique le concept de Babylone, qui est la métaphore de l'exploitation des Juifs par les Babyloniens. Puis, par extension, le concept va s'étendre à tous les aspects qu'ils rejettent dans la société importée par les colons, comme le matérialisme, l'argent, le capitalisme, la police... Ici aussi, les limites du concept sont assez floues et peuvent varier d'un rasta à un autre...
Toujours en s'inspirant de la Bible (Jérémie 51), les rastas pensent souvent que la civilisation occidentale a perdu les valeurs fondamentales (la nature, le respect, l'amour de l'autre...) au profit d'une société basée sur l'argent, la réussite personnelle et de plus en plus éloignée de la nature. Ainsi, de la même façon que Dieu avait détruit la cité de Babylone qui avait péché par excès d'orgueil, les rastas prophétisent la chute du système (« shitstem ») de Babylone.
Les textes de la Bible sont le fondement des croyances rasta, comme celui de Rivers of Babylon, psaume 137.
Cependant ils pensent que la Bible ne représente que la moitié de leur histoire : « Half the story has never been told ». L'autre moitié résiderait dans le c½ur de chacun.

Le v½u de Nazarite, et le port des dreadlocks
Un très bon exemple de l'influence Biblique est le v½u de Nazarite. Les Rasta, pour expliquer leur mode de vie, se réfèrent souvent au v½u de Nazarite, comme présenté dans la Bible (Nombres 6:1-21). Ce v½u, à caractère temporaire, sanctifie la personne le suivant pour une certaine période durant laquelle cette personne devra suivre certaines règles de vie. Ces règles sont pour la plupart celles auxquelles se réfèrent les Rasta dans leur mode de vie. Elles sont, pour les plus caractéristiques :
*ne pas se couper, ni se coiffer les cheveux, ce qui entraîne l'apparition de dreadlocks ;

*ne pas consommer de viande ;
*ne pas consommer de produit de la vigne.
Enfin, ce v½u est censé revêtir un caractère temporaire, et le texte des Nombres précise ensuite quand et comment le v½u doit s'achever. En particulier, un Nazarite ne devra pas croiser un homme mort, sous peine de devoir rompre son v½u. On retrouve cette idée dans un certain nombre de chansons, illustrée par cette phrase : « rasta don't go to no funeral », soit « le rasta n'assiste à aucune funéraille ». D'une manière générale, la mort constitue un tabou pour les rastas, et ils n'abordent ce thème que d'une façon très spirituelle et assez difficile à appréhender pour le non-initié.
L'application stricte de ce v½u au mode de vie Rasta n'est pas sans porter à discussion. Avant tout, ce texte et les modalités d'applications du v½u de Nazarite, comme pour beaucoup de textes de l'Ancien Testament, pose la question du décalage temporaire et culturel. En effet il n'y a qu'à consulter les démarches à effectuer pour rompre le v½u pour comprendre qu'il ne saurait s'appliquer identiquement de nos jours. Ensuite, ce v½u est bien censé être temporaire (sept ans), alors que le mode de vie Rasta lui devrait pouvoir se pratiquer toute sa vie durant.
Ainsi, un autre point caractéristique des Nazarites est le port des dreads, port qui est source de beaucoup de polémiques. Le débat de savoir si les dreads sont nécessaires à un Rasta est encore important de nos jours. Ainsi, certains Rastas pensent qu'un Rasta sans dreads n'en est pas un, d'autres, comme les membres des Twelve Tribes of Israël ou les Morgan Heritage (notamment avec le titre Don't haffy dread to be rastaman) pensent au contraire que Rasta est avant tout une philosophie de vie et qu'il est tout à fait possible d'être un Rasta sans porter de dreads, tandis que beaucoup de dreadlocks ne sont pas forcément le signe d'un Rasta.
Enfin, il faut rappeler que le port des dreads est une mode qui s'est instaurée dans les ghettos de Kingston, par une génération de rastas apparue après la destruction du Pinacle. Le port des dreads n'était pas initialement la marque des adeptes de rasta, qui étaient alors les barbus car ils se laissaient pousser la barbe. Ainsi la réponse à la nécessité du port des dreads doit être trouvée par chacun ; mais de nombreux rastas pensent que cette coiffure ne codifie plus l'appartenance à leur mouvement.


Concepts et pensées

Il n'existe aucune doctrine rasta écrite, ni même de synthèse générale. Les concepts de la spiritualité rasta sont plutôt variés et de tradition orale. Le Kebra Negast qui retrace l'histoire de la dynastie salomonide éthiopienne, jusqu'au Négus (Hailé Selassié), est un ouvrage très considéré par les éthiopiens amhara, et de référence pour les rasta, qui se considèrent éthiopiens. Un grand nombre des concepts de la philosophie rasta (paix et amour) ont directement inspiré les artistes reggae dans les textes de leurs chansons. On peut proposer quelques exemples très importants.

Le vocabulaire Rasta
Le mouvement Rasta est un mouvement de rébellion et de libération des consciences. Ainsi, le vocabulaire et le parler font intimement partie des champs de bataille du mouvement. C'est ainsi que les Rasta ont développé un nombre important de jeux de mots plus ou moins évidents qui sont autant de façon de marquer et de frapper les esprits sur les concepts qu'ils soutiennent. Ceci tend à créer un patois propre à la culture rasta, permettant aux différents initiés de se reconnaître et de communiquer entre eux.

Retour en Afrique - « Rapatriement »
Pour les Rastas, leurs racines sont en Afrique, dont ils ont été arrachés pour être mis en esclavage dans la Babylone moderne. Ainsi, l'accomplissement des Écritures implique le retour à la terre promise, qui est pour eux l'Éthiopie.
Cette référence à l'Éthiopie comme terre promise et non à la Palestine s'explique par plusieurs références, bibliques comme traditionnelles. Tout d'abord, les Rastas se souviennent de la Reine de Saba, Makheda, reine éthiopienne ayant visité le roi Salomon, dont elle aurait eu un fils, Menelik, selon la tradition. De même, l'Arche de l'Alliance, contenant les tables de la Loi et le bâton d'Aaron, dont la Bible perd la trace après Salomon, se trouverait aujourd'hui dans une chapelle de l'église orthodoxe Éthiopienne, apportée directement par Ménélik Ier. Salomon a confié l'arche d'alliance à son fils ainé, selon la tradition hébraïque, pour qu'il la préserve des convoitises. Menelik est reparti de Jerusalem, accompagnés de plusieurs prêtres de haut rang, dont les Falashas, Juifs noirs d'Éthiopie sont les descendants.
Enfin, la prophétie annonçant le couronnement d'un roi en Afrique, accomplie par l'avènement au pouvoir de Haïlé Sélassié, acheva de confirmer l'Éthiopie comme la terre promise, Zion, le Sion (prononcé Zayan en anglais) chanté par les psaumes.
Il faut également noter que la version anglaise de la Bible utilise le terme « Æthiopia » pour désigner ce qui est aujourd'hui le continent africain et non le mot Afrique qui désignait la province romaine d'Afrique en latin. L'origine du mot « Ethiopia » n'est pas connue avec certitude. Selon les sources, elle pourrait venir du en grec ancien Aithiops (??????), signifiant « au visage brûlé », ou bien être dérivé de Ityopp'is un fils de Koush inconnu de la Bible, qui selon la légende fonda la ville d'Axoum.


Rastas et Hippies
En effet, le mouvement rasta est avant tout un mouvement d'émancipation des consciences, et, surtout de dénonciation des dérives d'un système. De même que le reggae est une musique de rebelle, comme chanté par Bob Marley, le message rasta est avant tout un message de rupture et de rébellion spirituelle.
Si cette rébellion spirituelle est souvent assimilée à une forme d'action pacifique à l'image des mouvements de Gandhi ou de Martin Luther King, ce n'est pas vrai en général. Peter Tosh, souvent qualifié du Malcom X rasta, ne disait-il pas que tout le monde veut la paix alors que lui désire la justice ? (« Everyone is crying out for peace, none is crying out for justice » - Equal Rights, 1977).
Enfin, les rastas ont un fort attachement aux textes sacrés, à la méditation religieuse et recherchent en permanence à se rapprocher du lien ancestral qui les unit à l'Afrique et à leurs origines. En particulier, le traitement des femmes et des homosexuels est abordé d'une manière qui serait qualifiée de traditionaliste.
Il ne s'agit pas non plus de voir dans les rastas de dangereux rebelles prêts à prendre les armes pour détruire la société moderne en vertu de valeurs obscurantistes, car ce n'est absolument pas le cas. Les rastas sont en majorité de paisibles personnes. Simplement, et la musique le montre bien, le message rasta est plus proche d'un message de résistance que d'un message de paix universel.
Les rastafari sont quasi uniquement originaires des ghettos et des classes défavorisées.


Ouverture de la culture rasta au reste du monde
Initialement confiné au sein des communautés rasta, le message s'est petit à petit répandu dans le monde. La première étape déterminante a été l'ouverture aux jeunes des ghettos de Jamaïcains, formés par l'exode rural, et remplis de jeunes essayant d'échapper à la délinquance, ne pas devenir des rude boys. La musique étant, à cette époque, très importante dans la culture populaire, le message s'est ensuite naturellement adapté aux compositions de l'époque. On est ainsi progressivement passé du rock steady, aux paroles axées sur les relations amoureuses puis à une musique plus spirituelle, le roots reggae. On constate très bien ce changement avec des artistes comme Ken Boothe, Bob Marley ou encore Max Romeo.
Enfin, l'avènement du reggae comme musique populaire internationalement a permis l'expansion du message dans le monde entier séduisant des gens de tous les continents. Ceci n'est pas sans poser des questions, en particulier sur la pertinence du message reçu, et sur son adaptation aux autres populations. En effet, les racines africaines d'un rasta noir sont peut-être plus évidentes que celles d'un européen blanc... De plus, une
critique souvent formulée à l'encontre des jeunes gens européens blancs portant les dreadlocks est la dilution du message, celui-ci se teintant d'une couleur hippie plutôt éloigné du message d'origine. Ainsi, la question de la possibilité de s'affirmer rasta lorsque l'on est blanc et européen est toujours ouverte, tout individu ayant la possibilité de ressentir un besoin inconscient de revenir à un mode de vie et de penser plus authentiques. Rasta ne se borne pas à des limites ethniques, le mouvement se base sur une « livity », manière de vivre et de se comporter qui remonte à la création de toute chose dont celle de l'Homme. La pensée, la spiritualité Rasta se veut universelle.
Ainsi, il serait erroné de considérer que la philosophie rasta n'est pas reconnue en dehors de la Jamaique, et il
est tout à fait possible de s'en inspirer de manière plus ou moins importante. Par exemple Max Cavalera, ancien chanteur du groupe de metal Sepultura et actuel chanteur de Soulfly s'inspire largement de la philosophie rasta dans ses paroles (I and I, Tribe, etc.) alors qu'il est blanc et qu'il pratique une musique, en dépit de quelques emprunts, très éloignée du reggae.


Rastafarisme soufi
Le mouvement Baye Fall (Originaire du Sénégal) est une branche de la confrérie des Mourides (l'un des nombreux courants du Soufisme) fondée par Cheykh Ibrahima Fall, lui même adepte de Cheikh Ahmadou Bamba. Culte qui voue un pouvoir total et une croyance absolue en Dieu et au marabout (guide spirituel/représentant de Dieu sur terre "khalifatoul lahi fil ard").
Ce mouvement développe une croyance au soufisme qui se rapproche de la manière rastafari, le représentant de Dieu sur Terre n'est pas Haïlé Selassié mais le marabout du mouvement. On n'y retrouve pas les notions d'exil comme les jamaïcains et peu de conceptions sont similaires au mouvement rasta, cependant, l'islam se reconnaissant comme la vraie héritière de la religion des rois David et Salomon, on peut y voir, à cause des coutumes qui se ressemblent, une sorte de rastafarisme se disant "musulman".

Forme de religion détachée de toute possessions matérielles, ou l'on fait les choses pour Dieu et non pas pour ou en fonction des autres. Tout se partage, le don de soi est naturel, et la foi en l'humain est essentielle.
Mode de vie confondu totalement avec le mode de vie religieux, qui se rapproche du mode de vie rasta, mais avec une plus grande importance vouée au culte religieux. A la différence des musulmans, les Baye Fall n'ont pas d'obligations de prières, le travail au service du Cheikh est élevé au titre de culte religieux et le cheikh qui est leur maître est désigné pour les conduire vers le Tout Puissant.
Le dreadlocks demeurent l'une des plus grandes particularités de ces religieux, plusieurs versions expliquent son origine : C'est une initiation du Cheikh Ahmadou Bamba. Il avait pris l'habitude de conserver ses cheveux. Ses disciples ont décidé de perpétuer cette habitude.

Ces chevelures tirent leur origine des prétendus "saints" venus après les fondateurs du soufisme.
Les saints n'avaient pas de moyens pour se coiffer, leurs cheveux poussaient alors jusqu'à prendre la forme de dreadlocks.
A l'instar des vrais rastas (et non pas certains porteurs de dreadlocks non-croyants qui utilisent des produits pour entretenir leurs cheveux), la coiffure Baye Fall est naturelle et entretenue de façon naturelle. Ce mouvement fait de plus en plus d'adeptes en Afrique de l'ouest (Mali, Côte d'Ivoire, Sénégal, ...).


# Posté le mardi 12 mai 2009 13:49

Modifié le mercredi 13 mai 2009 02:51

HOMMAGE

HOMMAGE
Une pensé particulière pour le ROI du reggae en ce jour.
JAH RASTAFARI
BlesS

# Posté le lundi 11 mai 2009 11:49

MARCUS MOSIAH GARVEY

MARCUS MOSIAH GARVEY
Marcus Mosiah Garvey (17 août 1887, Saint Ann's Bay, Jamaïque-10 juin 1940, Londres) est un leader noir du xxe siècle et est considéré comme un prophète par les adeptes du mouvement rastafari d'où son surnom Moses ou The Black Moses, Moses se traduisant par Moïse en français.
Précurseur du panafricanisme, il se fait le chantre de l'union des noirs du monde entier à travers son journal The Negro World et le promoteur obstiné du retour des descendants des esclaves noirs vers l'Afrique (ce qu'on appelle le "Back to Africa").


Enfance et jeunesse
Né en Jamaïque en 1887, un an après l'abolition de l'esclavage à Cuba, dans l'île opprimée, où la ségrégation raciale (apartheid) règne ; les conditions de travail n'ont pas vraiment changé depuis l'abolition de l'esclavage. Beaucoup de Jamaïcains ont émigré à Panama pour travailler sur le chantier du célèbre canal. L'Afrique est en proie à la colonisation européenne à cette époque, mais certains Afro-caribéens parviennent tant bien que mal à y partir, notamment au Libéria.
Marcus Garvey est un musicien qui joue de l'orgue à l'église, et bien qu'entouré d'analphabètes il est passionné de lecture. Ce chrétien descendant des Marrons est employé chez un imprimeur et participe à un syndicat qui l'élit meneur lors d'une grève. Il devient vite un orateur de premier plan, un journaliste (il fondera bientôt le journal Garvey's Watchman) et un activiste politique.
De 1910 à 1914 il voyage en Amérique latine et en Europe.


Aux États-Unis
Il arrive aux États-Unis en 1916 où il rencontre tous les mouvements visant à émanciper les Afro-américains.
L'année suivante, en 1917, il fonde l'Association universelle pour l'amélioration de la condition noire (United Negro Improvement Association, UNIA, toujours en activité). La devise de cette association était Un Dieu ! Un But ! Une Destinée! (One God! One aim! One destiny!). Il devient un des premiers meneurs importants de la cause noire.
Installé à Harlem au lendemain de la Première Guerre mondiale, de 1918 à 1922, Marcus Garvey est mondialement connu.
Tandis que la révolution russe bat son plein, il se rallie à la lutte des classes à sa manière. Il soutient Ho Chi Minh, Gandhi, et salue avec respect l'½uvre de Lénine et Trotsky. Mais tandis que Trotsky considère comme essentielle l'unification de tous les hommes opprimés, et ce sans les diviser par la couleur de leur peau, la vision de Garvey passe par la race d'abord, une doctrine « nationaliste noire » radicale qui l'oppose aux mouvements intégrationistes de gauche. Ne croyant pas que les Afro-américains pourraient vivre libres et respectés hors d'Afrique, il veut unifier les Noirs internationalement, et réclame le droit au "rapatriement" en Afrique (au Libéria le plus souvent) des Afro-américains de tous pays.
Cette démarche ressemble beaucoup à celle des sionistes qui émigrent alors déjà en Palestine, ayant eux aussi perdu leur espoir d'intégration. Combattu par les Afro-américains partisans de l'intégration sans doute (menée par Du Bois), la stature de Garvey n'aura sans doute pas d'équivalent au xxe siècle dans la lutte pour la liberté de « son peuple ».
Des réseaux de garveyites s'organisent dans le monde entier. Le père de Malcolm X, un pasteur qui aurait d'après ses proches été assassiné en 1931 par la Black legion, une organisation proche du Ku Klux Klan, est un de ses adeptes les plus convaincus. D'ailleurs le Klu Klux Klan encourageait les revendications de Marcus Garvey, et aurait même assisté à certains de ses meetings. Il crée en 1919 la Black Starline, compagnie maritime censée servir le projet de rapatriement (clin d'½il à la White Star Line, l'armateur du Titanic qui a sombré quelques années plus tôt). Ses bateaux, financés par des actionnaires noirs, desservent toutes les Antilles, les États-Unis, et se préparent à emmener tout le monde en Afrique.
Il fait la tournée du pays pour promouvoir son initiative et recueillir des investissements dans le but de créer une véritable économie parallèle et souterraine. Il est suivi par 250 000, voir 300 000 sympathisants. Les autorités fédérales commencent alors à s'intéresser à lui.
Garvey fonde des usines, des réseaux de distribution ainsi que deux journaux. Le plus important est the Negro World. Il donne des nouvelles de l'UNIA partout où elle se trouve, des discours de Garvey, et des nouvelles qui ne sont pas rapportées dans les autres journaux. Tous les gouvernements coloniaux s'opposent au Negro World pensant qu'il incite les gens à se rebeller contre eux. Ainsi dans plusieurs pays africains et caraïbéens le journal est interdit.


Le déclin
Garvey est accusé d'escroquerie envers les actionnaires de la Black Star Line.
En 1922, après la banqueroute de la Black Star Line, Garvey et trois de ses associés sont poursuivis par les tribunaux. Accusé de fraude postale, il reste en liberté surveillée.
En 1925, sa condamnation est alors confirmée. Il est emprisonné au pénitencier fédéral d'Atlanta.


Retour en Jamaïque
Le président Coolidge commue sa sentence en 1927 et Garvey est envoyé en exil en Jamaïque et interdit de séjour aux États-Unis.
Bien que d'abord rejeté dans son pays, il devient le grand héros national jamaïcain, et un exemple retentissant dans toute l'île. Les Jamaïcains écoutent avec beaucoup d'enthousiasme les meetings de Garvey, organisés dans les mois qui suivent son retour. La vie politique de l'île s'en trouve bouleversée.

Fin de vie en Angleterre
En dépit de cette ambiance sympathique et animée, Garvey se trouve à l'étroit et, en 1935, il part pour l'Angleterre. De là, il surveille la régression internationale de son mouvement. Il meurt d'une crise cardiaque le 10 juin 1940 à Londres sans jamais atteindre l'Afrique.

Sa prophétie
Garvey, dans ses discours, fait souvent allusion à l'Éthiopie. Il écrit ainsi dans son principal ouvrage Philosophy & Opinions: “Laissons le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob exister pour la race qui croit au Dieu d'Isaac et de Jacob. Nous, les Nègres, croyons au Dieu d'Ethiopie, le Dieu éternel, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, le Dieu de tous les âges. C'est le Dieu auquel nous croyons, et nous l'adorerons à travers les lunettes de l'Ethiopie”.
En 1921, le révérend James Morris Webb prononce un discours cité par le quotidien conservateur Daily Gleaner : “Regardez vers l'Afrique, où un roi noir sera couronné, qui mènera le peuple noir à sa délivrance”. Garvey reprendra cette prophétie qui lui sera par la suite attribué.
La presse coloniale dénonce alors cette doctrine éthiopianiste "vulgaire" qu'ils attribuent à Garvey. Mais le 2 novembre 1930, en Éthiopie, Tafari Makonnen, le Ras Tafari, est coiffé de la couronne sacrée du negusä nägäst (roi des rois) sous le nom de Haïlé Sélassié Ier (“Puissance de la Trinité”). Il est le chef d'une des premières nations officiellement chrétiennes de l'histoire, l'Abyssinie. Selon le livre sacré Gloire Des Rois (Kebra Nagast), retraçant l'histoire de son antique dynastie, Sélassié est le descendant direct du Roi Salomon et de la Reine Makeda de Saba. Il sera le messie des rastafaris.


Hommage dans la musique
L'un des premiers artistes à chanter sa mémoire est Burning Spear, qui lui dédie l'album Marcus Garvey (1975) où plusieurs morceaux lui sont consacrés, ainsi que la version dub de l'album Garvey's Ghost. Dans la suite de sa carrière, Burning Spear composera plusieurs autres chansons parlant de ou faisant allusion à Marcus Garvey (« Marcus Children Suffer » et « Mister Garvey » en 1978, « Follow Marcus Garvey » en 1980, etc.).
Les Mighty Diamonds (Them Never Love Poor Marcus, 1976) et Culture (Garvey Rock, 1976, Black Starliner Must Come, 1978, Down In Jamaica, 1979) sont parmi ses plus fervents admirateurs.
Dans la chanson « So much things to say » de Bob Marley and the Wailers (sur l'album Exodus), celui-ci chante: « I'll never forget no way: they stole Marcus Garvey for rights. » (« Je n'oublierai jamais, pas moyen : ils ont dépossédé Marcus Garvey de ses droits. »). Cette chanson est reprise par Lauryn Hill en 2001 sous le titre de Never Forget, lors de l'enregistrement de son album acoustique MTV Unplugged N° 2.0.
L'album le plus remarquable dans le monde du Hip Hop en hommage à Marcus Garvey est celui de Mos Def et Talib Kweli en 1998, " Mos Def and Talib Kweli are Blackstar", qui reviens à travers de nombreux morceaux sur l'héritage spirituel et social laissé par Garvey.
En 2003 , Patrice dans l'album " How do you call it " avec la chanson " Jah Jah Deh Deh " ( Jah Jah est là ) rend hommage à Marcus Garvey en annoncant que " Marcus Garvey ne va pas reposer en paix " face à la société actuelle " et présicant " Enterrer leurs corps était comme enterrer des graines " faisant référence à de grands noms comme Steve Biko , Patrice Lumumba , Kwame Nkrumah , Malcolm X et enfin Mahatma Gandhi .


The Negro World
The Negro World est un journal diffusé par Marcus Garvey, il prônait un pouvoir noir, ce journal fut interdit dans les pays coloniaux qui voyaient en lui une menace.

Black Star Line
La Black Star Line est une compagnie maritime transatlantique, créée par Marcus Garvey en 1919 qui avait pour but de "servir de lien entre les peuples de couleur du monde dans leurs rapports commerciaux et industriels".
Elle fut entièrement financée par "la souscription et l'émission d'actions acquises par des personnes noires ordinaires, attirées par l'idée d'une émigration vers la 'nation negre independante' conceptualisée par Garvey". Cet élan de solidarité permit rapidement à Garvey l'acquisition de quatre paquebots transatlatiques (dès 1922).
Ceci répandit une onde de choc parmi l'establishment blanc international : "Voilà un homme qui, non seulement avait compris que la seule voie vers l'accession au pouvoir politique passait par la puissance économique, mais utilisait les deux avec une habilité stupéfiante. La mise en route de la Black Star Line constituait le couronnement de son action et laissait entrevoir ce qu'une nation noire unie pouvait effectivement accomplir sous l'influence d'un leader entreprenant et créatif". Malheureusement la Black Star Line fit banqueroute. Garvey fut emprisonné.


Citations
« Un Dieu, un but, une destinée ! »
« Un peuple ignorant de son histoire est comme un arbre sans racines ».
« Lève-toi, race puissante, accomplis ce que tu désires ».
« Si tu n'as aucune foi en toi-même tu es doublement vaincu dans la course de la vie. Avec la foi tu as gagné avant même d'avoir commencé ».
« Dieu et la Nature nous ont fait ce que nous sommes, mais à travers notre génie créateur nous faisons de nous-mêmes ce que nous voulons être ».
« Ce que tu fais de valeureux aujourd'hui inspire les actions des autres dans le futur ».
« L'éducation est le moyen par lequel un peuple se prépare pour la création de sa civilisation propre et aussi l'avancement et la gloire de sa propre race ».
« Soyez autant fiers de votre race aujourd'hui que l'étaient vos pères dans le passé. Nous avons une histoire magnifique, et nous allons en créer une autre dans l'avenir qui étonnera le monde».
« Trop nombreux sont ceux parmi nous qui trouvent des prétextes pour fuir la race noire parce que nous sommes amenés à croire que notre race n'a aucune valeur - qu'elle n'a jamais rien accompli. Laches que nous sommes ! C'est nous qui n'avons pas de valeur, parce que nous ne contribuons pas à l'élévation et à la construction de cette race noble ».
« Pendant plus de trois cents ans l'homme blanc a été notre oppresseur, et il ne nous accordera pas de bon gré la vraie liberté... Nous devrons nous libérer nous-mêmes ».
« Une race sans aucune autorité et sans aucun pouvoir est une race qui ne se respecte pas ».
« La seule protection contre l'injustice de l'homme est le pouvoir physique, financier, scientifique »
« Il est possible que nous vivions pas tous la réalité d'un empire africain si fort, si puissant qu'il imposerait le respect à l'humanité, mais nous pouvons cependant durant notre vie travailler et ½uvrer à faire de ce projet une réalité pour une autre génération ».
« Peut-on le faire ? Nous pouvons le faire ! Nous le ferons ! ».
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# Posté le mercredi 06 mai 2009 05:26

Modifié le jeudi 07 mai 2009 02:59

LEONARD PERCIVAL HOWELL

LEONARD PERCIVAL HOWELL
Leonard Percival Howell

Leonard Percival Howell est le fondateur du mouvement rasta. Il n'a inventé ni les dreadlocks, ni l'herbe (introduite en Jamaïque par les Indiens), ni le reggae. Il n'a pas théorisé le retour en Afrique, la nature divine d'Hailé Selassié ni la négritude de Jésus. Simplement, Howell a su faire converger un ensemble de revendications et d'attitudes, mettant en pratique des préceptes que d'autres, comme Marcus Garvey, se contentaient de promouvoir.

Howell est né en 1898 à Clarendon, une région agricole de l'île. Son père appartient à cette générations de jamaïcains noirs nés libres – l'esclavage a été aboli en 1838 - et contraints d'inventer leur vie. Anglican comme ses anciens maîtres, Charles Howell accède à force de travail au statut de notable, capable d'offrir à ses enfants une certaine éducation.

]Indépendant et fantasque, Howell quitte le pays très tôt et s'installe à New York. Il voyage et débarque à Panama. En 1917, il s'engage mais, lors d'une escale, il déserte une guerre qu'il laisse volontiers aux blancs. Il navigue durant huit ans, comme cuistot, visitant l'Afrique, l'Europe, l'Asie. Tour à tour man½uvre, marin, portier, il enchaîne ensuite les petits boulots avant d'ouvrir un café à Harlem, un de ces ganja-pads où la marijuana circulait, entre deux discours militants. De retour en Jamaïque en 1932, Howell soutient l'action de Marcus Garvey et contribue à la déification d'Haile Selassie. Alors que Marcus " le moderne " joue les rationalistes et essaye de susciter une prise de conscience populaire, Howell fait feu de tous bois, parcourant la campagne et mobilisant les foules en utilisant les ressorts religieux. Panoplie de prophète – robe noire, rites purificateurs, etc. – et anecdotes pseudo-historiques lui permettent de fédérer les paysans jamaïcains. Il fait référence aux employés blancs de l'empereur d'Ethiopie, dresse le récit de la prosternation du Duc d'York, envoyé de la Couronne britannique, devant Haile Selassie. Pour servir son projet, Howell prétend parler plusieurs dialectes africains et fonde la Société pour le Salut Ethiopien (Ethiopian Salvation Society) en 1934.

Imaginez l'ambiance : Howell déboule dans cette colonie anglaise parfaitement administrée et clame la noblesse de la race noire en prônant la marijuana comme sacrement. Alors qu'à cette époque un noir s'adresse à un blanc la tête baissée, il crie haut et fort qu'il faut cesser de verser l'impôt à la Reine d'Angleterre. Au cours d'un des nombreux procès qu'il subira, en 1935, Howell s'adresse au juge – blanc – sur un ton inimaginable : " je te conseille de me donner la peine maximale, car bientôt, lorsque je siégerai à ta place, je ne te raterai pas".


En 1933, il est emprisonné pour avoir essayé de vendre 5 000 photos de Hailé Selassié, qu'il présentait comme des passeports pour l'Ethiopie. Il décide alors de bâtir une communauté autonome sous l'égide du nouveau messie. A sa sortie de prison, il part avec ses supporters dans les collines isolées de la Jamaïque, lieu historique de refuge pour les esclaves en fuite qu'on appelait " Maroons ". Ces collines devinrent un lieu de mémoire fortement présent dans la culture rasta, au point de figurer sur un grand nombre de pochettes de disques reggae. On peut citer par exemple Rise Shine de Peter Broggs, sur la pochette duquel dready Peter court comme un petit fou au milieu des colline, rigolard comme s'il avait fumé la moitié de l'herbe autour de lui. L'album Tribute to the martyrs, de Steel Pulse, figure aussi les collines de l'île – sous la forme d'un dessin révélant au premier plan une famille en exil. Man in the Hills, de Burning Spear, fait également référence à ce décor. Les collines de Jamaïque peuvent d'ailleurs se confondre avec les monts d'Ethiopie, dont elles semblent être une promesse, comme sur l'album Visons de Dennis Brown.

La communauté voulue par Howell, le Pinnacle, est construite dans l'est de l'île, près de Spanish Town. Il y rassemble des travailleurs indiens, venus remplacer les esclaves dans les plantations, et prend le nom de Ganguru Maragh, ou Gong pour les intimes. Le lieu devient le domicile et la ferme communale des hommes, des femmes et des enfants. Howell adopte un régime végétarien et organise une liturgie à base d'encens, d'incantations et de volutes d'herbe. La communauté veille au respect de l'équilibre démographique. Elle comptait une centaine de personnes, qui jouissaient d'une certaine sécurité matérielle grâce aux champs de coton et de ganja (la communauté possédait plus de 180 000 pieds ...) que Gong leur donnait à cultiver.

Puisque la communauté de Pinnacle n'est pas extensible, une diaspora se forme progressivement, regroupant des individus issus de la communauté mais incités à trouver ailleurs leur bonne fortune. Certains se joignirent aux familles pauvres et expropriées du bidonville situé dans le quartier surpeuplé de Back O' Wall, à l'ouest de Kingston. C'est à partir de ce quartier que le rastafarisme se diffusera dans la capitale puis dans l'île.

Considéré comme fou, Howell est plusieurs fois enfermé dans un asile ou en prison. Sa maison est incendiée. Il subit les attaques des politiciens, de la police et de l'Eglise. En 1954, le bastion de Pinnacle est relié au réseau routier de l'île, ce qui met à mal la tranquillité de la communauté. Le succès de son petit commerce de marijuana attire également les clans de "gunman", qui bientôt s'entre-tuent pour le contrôle du trafic de l'herbe. Non violent, Howell subit des assauts répétés et doit quitter son domaine en 58, après avoir dispersé la communauté. Il se réfugie à Tredegar Park, où il vivra terré et paranoïaque, sombrant dans l'anonymat comme Marcus Garvey, oublié des siens comme de ses ennemis. Il y meurt en 1981, la même année que Bob Marley. Ironie de l'histoire, Bob Marley avait fait d'Howell un de ses maîtres spirituels même s'il se promettait d'échapper à son destin, chantant " moi, je serai plus dur ('tuff') que le Gong (Howell) ". C'est même cette référence qui servit de nom au label créé par Marley, Tuff Gong.

Biographie complète dans le livre d' Hélene LEE "le premier rasta".
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# Posté le mercredi 06 mai 2009 04:59

Modifié le vendredi 08 mai 2009 01:37

974

974

# Posté le vendredi 17 avril 2009 07:13

Baster "gawé" DUB 974

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# Posté le samedi 14 mars 2009 08:30

Modifié le samedi 14 mars 2009 09:16